La libération d'Ozoir-la-Ferrière le 26 aout 1944

Pour les 75 ans de la libération d'Ozoir-la-Ferrière, Jean-Claude JAILLARD, témoin et mémoire d'Ozoir, nous résume la chronologie des événements... nous sommes en 1944...


13 août : Repli de la glorieuse armée allemande en déroute. Les pillards hirsutes mal rasés, nerveux, hargneux, dangereux, essaient d’emmener des quantités d’objets hétéroclites, ils volent : vélos, chevaux, troquent des lits, fusils, camions, contre des costumes civils. Il n’y a pas que les soldats, il y a aussi les collabos, et les souris grises armées du Laïcat. Beaucoup sont des déserteurs fuyant la Normandie.  (C’est la déroute du 3° Reich...)
Au château de la Barre à FEROLLES, l’officier allemand retire les percuteurs des revolvers et des fusils des soldats autrichiens (la confiance règne.)


16 août : le réseau (Vengeance) d’Ozoir commence à grandir et participe avec les réseaux d’Armainvilliers : L’agent de liaison est Maud.


18 août: Les Allemands qui occupent les châteaux d’Ozoir, partent dans la journée, le commandant, en passant devant la Mairie, avise-les (autorités.) municipales. Tout l’après-midi, ce sont plusieurs convois de troupes et de matériel qui filent vers l’est. Dans la soirée, il y en a un avec de grosses pièces d’artillerie qui s’arrête assez longtemps après la rue du Plume-vert. Les soldats sont nerveux et très excités, tous les cinq camions il y a un poste de DCA, avec guetteurs scrutant le ciel.  Il y a aussi des (Hussards de la Mort, et des S.S)                
 

19 août : PARIS se révolte officiellement : Le colonel, chef régional ROL TANGUI donne l’ordre de harceler les Allemands. La QUEUE-en- BRIE : Un char allemand (Panzer IV CANON de 75) se dirige sur Ozoir, sa direction est en si mauvais état qu’il s’arrête tous les deux cents mètres, pour reprendre sa route.


20 août : Ce char arrive à Ozoir dans la journée, et échoue à la sortie du village devant chez les « Mitouard » au 3 grande rue, le 25 août il s’en ira par la route de CHEVRY. Fuyant la région de Noiseau, 700 Allemands arrivent à Pontault, ils ramassent les bicyclettes, s’emparent aussi des chevaux et des charrettes et partent vers Brie-Comte-Robert. Les Allemands deviennent de plus en plus nerveux et les représailles sont de plus en plus nombreuses.


21 août : Les Allemands font sauter l’aéroport de Villaroche, situé à une quinzaine de km à vol d’oiseaux d’Ozoir.


22&23 août : Les Américains arrivent sur MELUN, les F.F.I locaux multiplient les informations et les renseignements au profit de la 7e Division blindée de l’armée PATTON commandée par le général Bradley.


23 août à Pontault : Une voiture de l’armée allemande venant de Champigny et qui avait essuyé des tirs des résistants arrive au pavé : les réseaux de résistants entrent en action.


25 août les Allemands en déroute font sauter le Viaduc de Nogent sur Marne, il n’y a plus de trafic S.N.C.F., plus de téléphone ni électricité sur l’ensemble du réseau jusqu’à Gretz.

MELUN Sud est libéré. Les Américains foncent sur BRIE-COMTE-ROBERT et SOIGNOLLES, MELUN Nord ne sera complètement libéré que le 29 août. Les Allemands continuent d'évacuer toute la région. Sur FEROLLES, LESIGNY, OZOIR, PONTAULT, ROISSY, c'est un repli général de tous les déserteurs. « Depuis février un maquis est organisé dans le Bois Notre-Dame. Le Groupe d'une trentaine de Résistants commandés par le (lieutenant) Bariteau recevait les ordres du capitaine Grandchef FFI de Noiseau et s'occupait de la Résistance du secteur de LESIGNY. Il avait aussi sous ses ordres une vingtaine de communes entre CHAMPIGNY et OZOIR. Le maquis de la forêt de Gretz-Armainvilliers s'occupait aussi du secteur d'Emerainville, Jossigny, Ferrieres, OZOIR etc, l'entreprise Saurin de Lagny les ravitaillait en nourriture. 25 août : Surpris à la Bretèche par des Allemands en retraite, 10 jeunes réfractaires organisés par le mouvement «Vengeance» de Tournan et caché par le garde forestier Henri Jambois à la Brétèche d'Hermiere, « des bâtiments de service de la propriété Rothschild. » Ils venaient de Paris, Pantin, Montreuil, Rosny, Vincennes... Quatre travaillaient à l'imprimerie Nationale avant de fuir le S.T.O. Un seul, Lucien Cotel de Favières. Attendant des consignes d'action pour la Libération, ils faisaient du bois en forêt, à Villemageon, la Petite Fortelle ... Ils sont aussitôt entraînés à la Sablière de Faviéres dans le bois des Charbonniers entre l'allée du Mail et celle du Gros Hêtre. Ils sont fusillés là, tous les dix plus le garde Henri Jambois.

A Pontault, voici le récit de Jeanne LEBEAU  :

« le 25 août des F.F.I. à bicyclette mettent des drapeaux français sur l'ancienne mairie.300 personnes sont sur la place, mon père joseph Vital Lacaze arrivé sur les lieux fait remarquer que les Allemands revenus de Corbeil sont au pavé, et risque de surgir à tout moment. Presque tout le monde quitte la place. Un char allemand arrive par le passage Trapart-Nacu. Il tire vers l'est tuant deux personnes, en blesse cinq, puis tire vers le nord, les éclats traversent nos volets et une cloison. Derrière le mur de la ferme Pierre Grégoire et Jean Colas avaient sans doute été aperçus mais ils avaient eu le temps de se cacher derrière le mur. Est-ce entre les deux tirs ou après qu'un capitaine allemand frappa sur le portail de la Poste, je l'ignore. Il demanda à Madame Farinés épouse du receveur où étaient les « terroristes » Il repart sans se douter qu'ils sont dans la tranchée creusée dans un terrain qui jouxte la Poste. Puis le char repart ... La journée du 25 et toute la nuit, défilé de l'armée allemande en déroute y compris voitures à chevaux, tombereaux, chevaux, bicyclettes, etc

 

 

 

                                                                                              

Samedi 26 août : 5 heures du matin...

Gérard Jaillard (2 Grande Rue) :

« J’entends encore les cloches de toutes les églises de Paris et des communes libérées de la banlieue sud, qui sonnent depuis hier à toute volée pour annoncer la délivrance … !  J’ai du mal à capter radio Londres, il y a plus de brouillage que d’habitude. Mais en cherchant je tombe sur Radio Paris ? Quelle surprise… »


Il n’y a pas d’électricité, mais le central téléphonique de Tournan fonctionne, le ciel est pur, le soleil éclatant, l’estomac est vide, mais le cœur est gai. Monsieur Leroy marchand de bois au 5 Grande Rue est informé, ainsi que quelques notables, de l’avance des troupes américaines. En fin de matinée, et surtout en début d’après-midi, des avions de reconnaissance tournent au-dessus de Belle-Croix.
Bien que presque tous les fuyards Allemands de passage à OZOIR soient déjà partis, en début de matinée l’ordre était donné de se tenir dans les abris en fond de jardin.
13 h 30 : La première Jeep américaine entre dans GRETZ-ARMAINVILLIERS par les quartiers du « Bois - Vignoles et du Singe-Vert » suivit par quelques chars. TOURNAN sera libéré dans la soirée. Les Américains sont aperçus vers 14 h à Marsaudiere et en forêt d’Armainvilliers.

                                       
Gérard Jaillard (2 Grande Rue)

« J’écoute la radio sur son poste à galène. Soudain un bruit de moteur attire mon attention, c’est une Schwin –Waggen, avec trois soldats allemands à son bord, qui se dirige vers Belle-Croix. Je descends dans la rue avec mes jumelles. Au bout du bois des pins la voiture s’arrête, les soldats observent… La voiture fait demi-tour, et revient très vite dans le village.  Quelque chose se passe à Belle-Croix et vient sur Ozoir. Je vais avertir mes parents et mes voisins, la famille Sueur, au fond du jardin dans notre abri. Mon petit frère Jean-Claude, perché dans un poirier au-dessus des cabanes à lapins, observe la route de Gretz et, au bout d’un bon quart-d ’heure, vers 17h30, il voit à la sortie du bois d’Osier l’arrivée des jeeps américaines.
Tout le monde se précipite dans la rue, et crie : V’là les Américains !


Trois F.F.I, vont au-devant des Américains en longeant les murs du côté impair de la Grande rue. Seul en tête Monsieur Samyn père suivi à une cinquantaine de mètres par Messieurs René Braure et Pierre Michaux, ils les rencontrent en face de chez M.   Mitouard. Une discutions s’engage ils informent les américains de la présence d’allemands au centre du village, les deux F.F.I. reviennent rapidement et s’arrêtent à la hauteur de chez M.   Deudon.  Monsieur Samyn est assis sur le capot d’une jeep, les Américains repartent, c’est une petite escorte qui ne comprend qu’un blindé léger sur pneumatique (*), suivi de trois jeeps dont deux avec remorque. De chaque côté longeant les murs, une dizaine de soldats en armes sont prêts à tirer.


Les habitants sortent dans la rue et accueillent les Américains, Madame « Letelier » sort de son jardin avec un panier de roses, et en couvre les voitures ».

Marc Beaudichon (24 Grande rue) :

«  Le samedi au soir, Ozoir paraissait calme, quand vers 17h45, bruits de moteurs dans la rue et des cris : (Les Américains) Je sors dans la rue et je vois : Des véhicules, qui après une pause devant le n°12 repartent, je suis surpris de ne voir aucun camouflage mais des toiles de couleur orange étalées sur les capots. En tête un blindé léger sur pneumatique, suivit de trois jeeps avec remorque. Sur les trottoirs, arme à la main, une dizaine de soldats américains escortent les véhicules. L’un d’eux parlait admirablement notre langue, c’était un jeune français qui, à Soignolles, s’est joint aux américains. Surprise : coté centre-ville des camions, mais camouflés, et en quelques secondes   coups de canon et de l’effervescence face chez le Notaire, les camions sont touchés. Hubert Samyn, sortant de chez lui (la mairie actuelle) parlemente avec les soldats du blindé, monte à bord et part avec eux, je pense qu’il les a conduits ou il y avait eu des Allemands.»

 

Des avions tournent au-dessus d’Ozoir. Le char allemand est signalé sur la route de CHEVRY à la hauteur du petit bois avant la maison du garde-chasse de Chauvennerie. Il revient sur Ozoir…

Gilbert Séguin (7 rue des Ecoles) :

« Je surveille les avions, et je vois arriver une dizaine de jeunes (Résistants) armés de vieux (pétards). Mon père leurs fait part de la présence du char et de soldats allemands dans les chantiers de margotins à cent mètres au bout de la rue. Ils sont tous pris de panique, jettent leurs armes dans notre jardin et se replient dans la grande rue derrière les Américains. Ils leur font part de ce qu’ils viennent d’apprendre*. ».

(*Il faut les comprendre : ce sont des résistants de dernière heure, bravent, mais, sans armement et sans formation militaire)
Ce groupe (Vengeance) est méconnu des habitants du vieux pays : Crée fin 1943 par messieurs Ferrant Robert, Braur René, Galgari, Garnier Emile, etc.
Ces six personnes habitent dans les lotissements, ils ont créé à Ozoir le réseau « Vengeance ». C’est « Maud : mademoiselle Maud Vendaerde*» qui faisait l’intermédiaire avec le Groupe Vengeance de la Forêt de Gretz Arminvilliers.

Deux avions mitraillent le char, l’automitrailleuse finit par le neutraliser, en endommageant une chenille qui fume et dégage une forte odeur de caoutchouc. Sur le chemin de Férolles une automitrailleuse allemande est en feu il n’y a ni mort ni blessé.
Par contre: il y a un mort, un sergent fauché par la mitrailleuse d’un avion, retrouvé dans le champ, au bout des jardins du côté de l’ancienne scierie de M Jouvin. Mais nous ne retrouverons pas les servants du char qui étaient habillés en noir.     
                                                          
Heureusement qu’il était en panne et qu’il n’a pas tiré… ! Au bout des chantiers de margotins sur la route de Chevry nous trouvons un mort et un blessé.   
                                                                             
(*Le blindé léger est une automitrailleuse type M8 équipée d’un canon de 37, et de trois mitrailleuses de 30)


Maud Vendaerde  :

« C’est notre groupe qui a prévenu les américains, on avait un informateur au château des Agneaux.  Les camions allemands étaient pleins de nourriture, boites de conserves, de munitions et d’armement que nous nous sommes partagé : j’ai récupéré un Mauser ! »

(*Maud était très gonflée, elle travaillait à mi-temps à la mairie et chez le notaire, en conservant son prénom de jeune fille)

La place de l’église vers 19 heures


Marc Beaudichon :

« Au crépuscule, les Américains sont de retour place de la Mairie. Ils ont fait le tour des lieux occupés par les Allemands. Que ce soit à Wald Kater ou à Wan See, il n’y a plus personne. Par contre à Wald Schloss, les Allemands ont dû fuir dans les bois, ils ont abandonné leurs ambulances. »

  

Gérard Jaillard :

Avec mon frère Jean-Claude et   mes voisines Collette Bazard et Giselle Légats, nous allons jusqu’au bois d’Osier. Les Américains ont fait des tranchées, ils ont aussi installé une mitrailleuse. Ils pensent que les bois de Chauvennerie, Marsaudière et Armainvilliers sont pleins de fuyards, et qu’il faut être prudent. Il est très tard, ils cassent la croûte. Nous sommes surpris de voir le contenu de leur repas : Tartines de pain de farine de maïs avec du beurre, du cacao, de la confiture de groseilles, et des sardines. Ils nous demandent si nous voulons y goûter, puis nous donnent des chewing-gums…C’était la première fois que nous mâchions ces trucs-là !                                                                                                                       
Très tard, à la nuit tombante, les jeeps des Américains reviennent et stationnent sur les trottoirs du 2 et du 5 Grande rue. C’est la joie.  Tout le quartier est dehors avec les soldats, et, pour fêter l’événement, tout le monde apporte, bonnes bouteilles et gniole, sortis d’on ne sait d’où. Les Américains offrent le café et les cigarettes.


Beaucoup plus tard dans la nuit …Fusillade, des Allemands sont revenus par chez « M. Leroy ou chez M.  Mitouard … ? » Tout le monde se jette à terre. Riposte, personne n’est blessé. Malheureusement la sentinelle qui est au coin du champ a été mortellement touchée.
Nous sommes de nouveau réveillés vers trois heures du matin. Une trentaine de prisonniers allemands assis sur les pavés sous nos fenêtres, ont les mains posées sur la tête.  Les Américains demandent de l’eau pour leur donner à boire. Un très jeune soldat voit que nous avons des pommes. Affamé, il m’en demande, puis pour me remercier, Il me donne sa musette et son rasoir. »

Dimanche 27 août : Place de la Mairie très tôt le matin ; coté mur de chez « Sottel » le marchand de charbon limonadier, les Américains ont entassé deux à trois cents prisonniers allemands, tous des fuyards ramassés dans les bois autour d’Ozoir. La majorité venait des bois* Nôtre-Dame.


Confirmation par Michel Belly :

Le matin de très bonne heure il y en avait aussi une vingtaine assis le long du mur de l’école des Sœurs et à peu près autant à l’angle de la route de Roissy (devant chez Cieko et madame Grillé)

Gérard Jaillard :

C’était des Allemands, des Ukrainiens, des Alsaciens, des Polonais, des Russes, des Caucasiens. Les gradés étaient parqués à l’intérieur de la cour dans les cases sur les tas de charbon. Monsieur « Sottel pére » s’en est donné à cœur joie. Les gradés se sont fait violemment injurier. Il faut rappeler que Monsieur Sottel a été arrêté par dénonciation, conduit à la centrale de Melun et a fait trois mois en Allemagne: Parce qu’il avait injurie et traité de « putes » certaines (demoiselles d’OZOIR et de PONTCARRE) celles-ci l’ayant rapporté aux Allemands.  Tous ces prisonniers étaient bien traités ils ne sont restés que quelques heures, puis ils sont partis dans des camions vers une autre destination »  


Suite à ce qui s’est passé dans la nuit du dimanche, des Allemands sont signalés à Chauvennerie. D’autres s’affairent autour du char de la route de Chevry puis des coups de feu sont entendu à la ferme de chez (Beke) au Grand Bervilliers et à la ferme de chez (Podevin) à l’entrée de Chevry.

Avec le camion de M. Lequoy, le grainetier, une dizaine de F.F.I. vont voir ce qui se passe. Le drapeau tricolore flotte à l’avant du camion, passé les virages de Chauvennerie, les Allemands nous tirent dessus, René Braure est légèrement blessé, nous faisons demi-tour, nous revenons place de la Mairie, et nous prévenons les Américains.  

Vers 9 h un petit char américain arrive par la route de Gretz, devant le "26 Grande Rue" …

Dimanche 27 août 1944

10 heures du matin : le premier char américain s’arrête au 26 grande rue. (photo Marc Beaudichon)

Marc Beaudichon :

 

« Je le prends en photo…  C’est la seule photo du premier char arrivé à OZOIR mais après la libération. »

(C’est un char léger M3 équipé d’un canon de 37 et de 3 mitrailleuses de 30)   Le char s’en va jusqu’à la place de la Mairie.et avec quelques F.F.I. ils prennent la route de Chevry.

Marc Beaudichon :

 

« L’après –midi c’est l’heure des règlements de comptes : Les F.F.I. vont chercher au bureau de Postes le portrait du Maréchal Pétain et devant le Monument aux Morts ils le brûlent, avec un drapeau allemand. »


Place de la Mairie : c’est maintenant l’effervescence, ce sont des jeunes et des résistants de la dernière heure, dont leur seul exploit a été de s’en prendre aux femmes et aux filles qui pour eux sympathisaient avec les Allemands. Ils se répartissent en groupes, vont chercher dans le Village trois femmes françaises et une d’origine polonaise.


Dans l’Archevêché : Ce sera deux sœurs, des Slaves, Sur la route de la Gare, au Coq Faisan ils s’en prennent aux deux filles et à la patronne de la Maison. Mais là le frère de la patronne prend son « mauser », et les menaces, s’ils touchent à un seul de leurs cheveux se sera la même chose pour une fille de l’Archevêché (Christiane Boulanger) à 50 mètres de chez Jacques Klainberg… Le père résistant et communiste prend son fusil et menace de leur faire la peau… De retours très excités sur la place, ils coupent les cheveux de cinq femmes.


Un Américain arrive ! Fait tout stopper au moment où les excités s’apprêtaient à tondre la Polonaise. Ce que ces (résistants de la dernière heure) ne savaient pas : C’est que même si certaines filles ont fait de la collaboration horizontale avec les Allemands, elles communiquaient de précieux renseignements aux réseaux de la Résistance.


En fin d’après-midi tout le monde se retrouve sur la Place, et ensemble nous chantons la Marseillaise.


Depuis le matin vers les dix heures, toutes les cloches des églises des villes libérées se mirent à carillonner jusqu’au soir.


Le lundi 28 et le mardi 29 :

Ce n’est qu’un défilé continu de chars, de jeeps, de G.M.C et de blindés de toutes sortes qui arrivent de LESIGNY et de LA-QUEUE-EN BRIE tournent au coin du tabac pour se diriger vers PONTCARRE, LAGNY et VILLENEUVE-le-COMTE.

Angle du bureau de tabac route de la Gare les 28 & 29 août.

Mardi 29 :
 

Il y a encore beaucoup de déserteurs et de traînards en forêt. Une battue est organisée entre la Gare d’Ozoir, le passage à niveaux de la Brèche aux Loups, le carrefour de la Pyramide et dans les bois en remontant sur Pontcarré.

Au cours de l’expédition, un F.F.I. d’Ozoir a été mortellement touché. Ses compagnons, dont Monsieur Roger Aristide Palasse, le ramènent à son domicile dans l’Archevêché, où il décédera à 18 heures.

Camille Raymond Grimeler né à Paris 20e le 18/09/1921 était volontaire aux : Forces françaises de l’Intérieur. Il laisse une veuve.


Monsieur Gornet a été blessé, et soigné par le docteur Bailby d’Ozoir. Monsieur René Braure a capturé deux soldats allemands dont un a été blessé à la cuisse.


Au passage à niveaux de la Brèche aux Loups, les Delauney, très à l’écart de tout, apprennent seulement que les Américains ont libéré Ozoir.

 

Mercredi 30

11 heures du matin, à Tournan, en présence d’une nombreuse assistance, a lieu l’enterrement des onze malheureux jeunes maquisards de La Guette, abattus à la Fortelle, où un monument a été érigé en leur mémoire dans les bois à l’entrée de Villeneuve-Saint-Denis.

Au départ ils étaient six : le soir du 26 aout on en dénombrait de 25 à 30 !

Opération de police et de sécurité à l’encontre des réfugiés, et des personnes cachées, juifs, Russes, Polonais etc. car ils y ont des déserteurs et des indésirables … !
On reproche aussi, à certains étrangers, ruses, polonais, etc. D’avoir été volontaire à chaque fois que les allemands demandaient de la main-d’œuvre pour travailler !

3 septembre :

Dans les bois de Pontcarré, suite à un parachutage d’armes effectué par un avion ennemi. Nous aidons les Américains et le groupe de F F I de Pontcarré à une battue de nuit.

Conclusion :

Comme vous avez pu le constater à Ozoir, comparativement à ce qui s’est passé dans beaucoup de villages alentours, la libération s’est faite très rapidement. Les Allemands pour la plupart des Bavarois, Autrichiens, tous des planqués [contrairement aux troupes sur le front] ont dès le 19 août évacués leurs lieux d’occupation.
La résistance : F.T.P.P. et F.F.I très discrète ne faisaient que du renseignement.
Malheureusement des indiscrétions et des histoires de fesses, comme toujours rapportées au zinc des comptoirs entraînèrent au cours des années précédentes quelques arrestations.
Toute la bagarre se passa à l’ouest et surtout au nord dans les villes et villages ou la concentration des fuyards était très importante.
Un tract curieux collé le dimanche 27 août suscita divers commentaires et inquiéta la municipalité en place….
Il faut rappeler, que Monsieur Auguste Hudier, 1e Adjoint avait été nommé Maire par le Préfet en remplacement de Monsieur Albert Euvrard qui n’est pas revenu après l’exode.
Une rumeur disait que le parti Communiste voulait prendre la Mairie ?
Rien ne changera jusqu’aux élections de 1945 ou une nouvelle équipe désigna comme Maire un socialiste : Monsieur Georges Cognet.

 

Jean-Claude JAILLARD, 50 ans de recherches sur l'histoire d'Ozoir.

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