Joue à Super-Mytho, le grand jeu des sinistrés.

Regarde cet article tiré d'Ozoir Magazine numéro 58 datant de décembre 2006, de loin mon préféré.

Cet article, antérieur de 10 ans à la série d'inondations de 2016, 2017 et 2018 démonte, en quelques lignes, quatre baratins tel qu'on nous les raconte depuis des années : saura-tu les trouver ?

Il faut dire qu'en 2006, il n'y a pas eu d'inondation récente, on est au premier mandat de Monsieur Oneto, on peut donc dire la vérité puisque la faute, s'il y en avait une, pourrait facilement être imputée aux prédécesseurs... incompétents, il va sans dire.

 

Mytho numéro 1 : L'impermabilisation des sols

 

Dès 2016 nous demandions si l’imperméabilisation des sols, autrement dit : "le bétonnage, les constructions" n'avaient pas une incidence sur les inondations. Cette question fut réfutée car cela sous-entendrait que la commune n'avait pas anticipé une évidence. Non le problème c'était la pluie, juste la pluie : POINT !

Si vous avez un trou dans la toiture et que l'eau coule dans votre salon : le problème c'est la pluie, pas le trou, car sans pluie : pas d'eau dans votre salon ! CQFD.

Que votre réseau date de 1927 et qu'il y ait aujourd'hui 10 fois plus d'habitations n'a aucun rapport.


Mytho numéro 2 : Les réseaux sous-dimensionnés

Dès 2016 nous avons demandé si nos réseaux n'étaient pas sous-dimensionnés, ce qui rejoint le point précédent... pour la mairie : évidemment qu'ils ne l'étaient pas !

Imaginez qu'on ait pu penser qu'ils n'avaient pas fait leur boulot ! Même si nous avons depuis obtenu des études qui disent le contraire, dire que les réseaux sont sous-dimensionnés est un blasphème... et plus le temps passe moins c'est avouable.

Parce qu'autant en 2016 on aurait pensé que les responsables n'avaient rien anticipé (ça n'aurait pas été les premiers reponsables politiques à se planter), mais aujourd'hui il faudrait qu'ils assument avoir menti sur la situation de notre assainissement depuis 2016. Du coup on assiste à des scènes du genre :


- Vous présentez une étude qui dit que votre réseau est sous-dimensionné, personne ne la réfute, mais dans la phrase d'après on vous dit quand même que votre réseau est correctement dimensionné.


- Pour vous clouer le bec, le maire prétend avoir des études qui prouvent qu'il est correctement dimensionné.......... mais refuse de vous les montrer... c'est vrai de quoi on se mêle ? Cela n'entraîne que la destruction de nos habitations, pas de quoi fouetter un poisson-chat.

Le genre de scène surréalistes que vous pouvez entendre en intro de cette vidéo


Mytho numéro 3 : La surprise

Les dernières inondations ont lieu au début des années 80.

En 1995 une étude dira que si depuis cette date il n'y en a plus, cela correspond à une période de déficit pluviométrique, en d'autres termes : Si rien n'est fait, les inondations reviendront en même temps que la pluviométrie... et rien ne sera fait.

En 2004 un projet de digue dans la forêt d'Armainvilliers sera porté dans le cadre du plan PAPI. Il conduira à sa réalisation partitielle... un rapport récent du SYAGE dira : "L’inachèvement des travaux ne permet pas d’obtenir une incidence hydraulique significative sur la partie aval du cours d‘eau." ... Pour prévenir les inondations on fait un demi projet qui sert à rien et qui est encore en l'état à ce jour.

En 2006 dans cet article on constate que

"les pluies de forte intensité sont des plus en plus fréquentes"

En 2009 nous contribuerons à un projet de liaison interforet permettant d'évacuer l'eau du bois Prieur... il ne sera jamais achevé. L'interet est nul pour les habitants de la Doutre qui l'ont pourtant financé.

En 2010 un sérieux avertissement frappait le quartier de la Doutre avec la rue de Pontault et le quartier des Charmes inondés (à voir dans Ricochet 39 d'octobre 2010, page 3, en pièce jointe).

Et donc, chaque année depuis 2016 ils sont "surpris"... c'est facinant, comme on pourra le relire sur le powerpoint présenté publiquement en 2017 (en pièce jointe) :

"une surprise pour tout le monde".

 


Mytho numéro 4 : Les trottoirs réservoir

Dans cette même présentation qui nous sera faite en 2017, la célèbre réunion dite "du pluviomètre", 4 mois après la seconde inondation, 19 après la première... il fallait bien justifier d'avoir fait quelque chose pendant tout ce temps. Voici ce qui nous sera dit (voir présentation en pièce jointe) :

"Des trottoirs à réservoir ont également été mis en place lors de travaux récents de voirie, permettant de ralentir le ruissellement. Rue Victor Hugo." 


Or... que nous apprend l'article de 2006 que nous venons de lire ?

Que ce sont des travaux "pilotes". Un autre Ozoir Mag dira de cet essai que, s'il est concluant, d'autres trottoirs de ce genre seront créés...

Mais nous apprenons surtout que cette installation qualifiée de "récente" en 2017 .... date de 2005.

Je n'ai pas trouvé trace d'autres trottoirs réservoirs installés depuis. Et j'imagine que s'il y en avait eu, ils les auraient cité... quand on est à ce point en manque de matière on n'hésite pas.

On peut donc déduire que l'expérience fut un tel "succès", tel qu'on peut le lire dans l'article, qu'il n'a pas été jugé utile de la renouveller... mais quand on n'a plus que ça à présenter : on oublie le "pilote" et on oublie la date.

Good job !

Partager

Connexion utilisateur